Balzac et le livre

A partir de 1825, Balzac se lance dans diverses entreprises d’édition, d’imprimerie et de fonderie de caractères. Ces tentatives de pallier l’insuccès de ses premiers textes littéraires se solderont par un échec : en 1828, il a 60.000 francs de dettes et décide d'interrompre son activité d'"homme de lettres de plomb", selon son expression, pour se consacrer à l'écriture. La production de Balzac imprimeur s’élève à plus de 300 pièces, dont certaines sont devenues rarissimes, allant du prospectus pour les "pilules antiglaireuses de longue vie" aux treize volumes des Oeuvres complètes de Shakespeare. La majeure partie de ces documents variés, parfois illustrés, est représentée dans le fonds des "impressions de Balzac" de la bibliothèque.

Cette courte mais intense expérience de Balzac dans les métiers du livre se retrouve aussi bien dans son œuvre (notamment dans Illusions perdues) que dans l'intérêt constant de l'écrivain pour la présentation matérielle des ouvrages, qu'il s'agisse de l'illustration ou de la reliure. Balzac apprécie les beaux livres et, comme nombre d'amateurs alors, fait relier les ouvrages de sa bibliothèque par des artisans experts. Quelques volumes de sa collection personnelle sont conservés à la Maison de Balzac, dont certains sont annotés ou dédicacés de sa main.

L'intérêt de Balzac pour l'objet-livre figure aussi de façon originale dans l'attention portée à la typographie, et particulièrement par le choix qu'il fit, lors de l'édition de la Physiologie du mariage, de brouiller les caractères de deux pages devenues ainsi illisibles.