• Lettre à la duchesse de Castries, 5 octobre 1831, page 1
  • Lettre à la duchesse de Castries, 5 octobre 1831, page 2
  • Lettre à la duchesse de Castries, 5 octobre 1831, page 3
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Lettre à la duchesse de Castries, 5 octobre 1831

Collection : L'écrivain
Auteur / Intervenant : Honoré de Balzac
Date : 5 octobre 1831
Matériaux et techniques : Encre noire sur vélin filigrané
Dimensions : 21,6 x 27,7 cm
Localisation : Réserve

Madame

[...] je fis, pour développer mes pensées et les jeter dans les âmes jeunes par de frappants tableaux, les scènes de la vie privée. Dans cet ouvrage, tout de morale et de sages conseils, rien n'est détruit, rien n'est attaqué, je respecte les croyances auxquelles je n'ai pas foi. Je suis historien, et jamais la vertu ne fut plus préconisée que dans ces scènes.

Henriette Maillé de La Tour-Landry (1796-1861), épouse séparée du marquis de Castries, entretint une liaison publique avec le prince Victor de Metternich (1803-1829) dont elle eut un fils. Après la mort de son amant, elle tint salon à Paris et reçut des gens de lettres parmi lesquels Balzac, amené par le duc de Fitz-James, oncle d'Henriette. Honoré multiplie les visites, s'éprend rapidement de la marquise et devient alors légitimiste. Après avoir sans succès tenté de séduite Zulma Carraud, il rejoint madame de Castries à Aix-les-Bains mais ses assuidités restent vaines et l'écrivain frustré retourne en France se faire consoler par madame de Berny.

La Duchesse de Langeais met en scène Antoinette de Langeais, aristocrate parisienne qui s'amuse à affoler le général de Montriveau, tout en se refusant à lui. Madame de Castries a évidemment servi de modèle pour Antoinette, et la frustration de Montriveau reproduit sans doute celle de Balzac qui fustige la froideur, l'insensibilité et la coquetterie de la duchesse de Langeais.

Cette vengeance littéraire n'empêche pas la poursuite de relations amicales. Balzac dédie à Henriette L'Illustre Gaudissart en 1843, et elle le reçoit très régulièrement chez elle jusqu'en 1848.